le Syndicat de la Presse Pas Pareille

La charte du SPPP

Ensemble, nous défendons l’existence de médias indépendants et d’une information libre de toutes contraintes économiques et politiques, solidaire de toutes les luttes pour l’émancipation. Nous regroupons ainsi tout média indépendant n’appartenant à aucun groupe industriel, financier, religieux, politique ou syndical, et se retrouvant dans nos valeurs humaines et politiques.

Le Syndicat de la presse pas pareille s’est créé afin de lutter contre la désinformation d’État, la pensée dominante, le contrôle médiatique opéré par une caste de milliardaires à l’agenda idéologique ultra-conservateur.

Nous souhaitons mettre en pratique un journalisme de lutte accessible à toutes et tous. L’information doit être plurielle, inclusive et ouverte à celles et ceux qui en sont trop souvent exclus. Nous croyons à l’importance d’une presse engagée et libre de toute norme élitiste.

Nous défendons l’existence d’une presse émancipatrice contre toutes formes de domination. Et nous souhaitons que le syndicat puisse être un espace de réflexion autour des dominations de genre, de « race », de classe…

Parce que les réseaux dits sociaux accoutument au désintérêt pour ce qui nous entoure et encouragent les rumeurs, les fake news, la superficialité et que leur prétendue virtualité repose sur la prédation, nous en usons avec parcimonie – et circonspection.

Et parce que nous tenons à nos métiers et à l’entretien de notre aptitude à concevoir et mettre en forme, en mots et en images notre parole et nos idées, nous refusons l’usage des outils dits de « l’intelligence artificielle générative ». 

 

Le syndicat est aussi une plate-forme de mutualisation et d’entraide. Nous cherchons autant que possible à mettre en commun et à rassembler nos énergies. Que ce soit via notre site internet et les abonnements groupés pour étendre la diffusion de nos titres, via des échanges de sources et d’informations, des formes de co-publication pour renforcer notre travail commun, la tenue de tables de presse, des interventions publiques concertées, etc.

 

Nous sommes un syndicat anti-répression, car les attaques contre la presse libre s’accumulent. Nous entendons créer une caisse commune et constituer un pôle d’aide juridique, afin de soutenir les médias membres poursuivis en justice ou menacés par l’appareil d’État ou des intérêts privés.

 

Les revendications que nous portons visent à assurer la pérennité des médias qui garantissent un véritable pluralisme de l’information. Nous exigeons plus de transparence dans l’attribution des aides de l’État à la presse, puisque celles-ci restent opaques et inaccessibles à de nombreux médias indépendants. Nous revendiquons également un nouveau statut pour les journalistes indépendants, et remettons en cause la carte de presse officielle et son mode d’attribution.

 

Les membres du SPPP tiennent aux rencontres régulières, lieux de convivialité, de débats et d’entraide, notamment lors des assises annuelles et d’évènements régionaux.

Parce qu’il est plus que jamais nécessaire d’être solidaires : rejoignez-nous ! Vive les médias libres, vive les luttes sociales !

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Nos revendications

Revendications SPPP
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La fin des aides publiques aux médias possédés par les groupes capitalistes afin de prioriser la presse indépendante

Selon Oxfam, depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, « la fortune des milliardaires français a doublé. Ce gain de plus de 220 milliards d’euros, concentré sur à peine 32 personnes, équivaut au financement de plus de 10 000 postes d’enseignants pendant près de 400 ans ». Au lieu de cela, ces fortunes ont massivement servi au rachat de médias, utilisés comme des outils d’influence au service d’une idéologie réactionnaire et ultra-libérale. D’après les calculs du média indépendant Basta!, « plus de 90 % des exemplaires de quotidiens nationaux vendus chaque jour dans leur version papier appartiennent
directement ou partiellement à une poignée d’ultra-riches » qui, malgré leurs fortunes, bénéficient massivement du système français d’aide à la presse. Un journal comme Les Echos, détenu par Bernard Arnault et qui en appelle régulièrement aux coupes dans les dépenses publiques, a par exemple reçu 1 720 094 euros d’aides publiques directes à la presse en 2023.
Dans ces conditions, ainsi que le formulait l’association Acrimed il y a déjà vingt ans, « la défense du pluralisme passe par la mise en oeuvre des dispositifs qui visent à limiter les concentrations financiarisées et à leur opposer les renforcements des médias sans but lucratif et des droits des journalistes et des salariés ». Nous appelons, nous aussi, à renforcer les dispositifs anti-concentration ; à « abaisser le seuil des concentrations autorisées par les dispositions françaises et lutter pour leur abaissement conjoint et unifié dans l’ensemble des pays européens » ; « interdire le contrôle des actifs médiatiques par des firmes qui sont largement présentes dans d’autres secteurs d’activité économique » et autres mesures portées par Acrimed.
En parallèle, nous appelons également à renforcer les médias à but non lucratif et les droits des journalistes et des usagers des médias, à travers ces diverses propositions :
« – Refonder un service public audiovisuel de l’information et de la culture, adossé à deux formes de propriété ou deux secteurs : le secteur public et le secteur associatif ;
– Favoriser le développement des médias associatifs et coopératifs ;
– Créer un statut des sociétés de presse à but non lucratif ;
– Transformer les aides publiques à la presse, qu’elles soient directes ou indirectes, pour qu’elles soient attribuées prioritairement, voire exclusivement aux médias sans but lucratif, quel que soit leur statut juridique ;
– Opposer à l’appropriation privée (et aux concentrations capitalistiques), l’appropriation publique (et la mutualisation des moyens), par la constitution d’un « pôle public » incluant le secteur public de l’audiovisuel, l’AFP, les infrastructures techniques, et par la mutualisation des moyens de production, d’impression et de diffusion;
– Permettre un renforcement des droits des journalistes et des salariés des médias dans toutes les entreprises médiatiques, qu’elles soient associatives, publiques ou privées ;
– Constituer, en lieu et place du CSA, un Conseil national et des Conseils régionaux des médias, en charge notamment, de veiller sur le respect du pluralisme et de la législation en vigueur ».

L’abrogation du contrat d’engagement républicain pour préserver la liberté d’expression et d’association

A l’initiative de plusieurs médias membres du Syndicat de la presse pas pareille, 102 associations dont l’objet est l’information et/ou la communication ont saisi en octobre 2025 le Haut Conseil à la vie associative. En cause, l’usage abusif du Contrat d’engagement républicain (CER), qui permet à des préfectures de pénaliser des associations au prétexte qu’elles
ne « respecteraient pas les valeurs de la République ».
Nos questions étaient : Comment garantir un usage régulé, clair et cantonné strictement à l’objet de la loi, du Contrat d’engagement républicain par les services déconcentrés de l’État et les collectivités ? Comment éviter qu’un amalgame soit opéré, faisant du CER un outil manipulé à d’autres fi ns ? Comment s’assurer de la transparence et de l’honnêteté des
réponses de l’État et des collectivités, lorsque, même sans référence au Contrat d’engagement républicain, des mesures contre certaines associations sont prises de manière opaque ?
Le 23 avril 2026, le Haut Conseil à la vie associative a rendu un avis argumenté, de 25 pages, dans lequel il confirmait les ambiguïtés du Contrat d’engagement républicain. Il retrace l’historique de la loi qui l’a institué, énumère les critiques
qu’il avait déjà formulé à son encontre, et conclut ainsi :
« Le Haut Conseil à la vie associative, s’il ne peut qu’être d’accord sur la nécessité de lutter contre toute forme d’atteinte aux valeurs de la République, appelle l’attention des décideurs, élus, administrations à être vigilant sur les cibles à retenir. Il semble au Haut Conseil que le CER ne saurait être prétexte à entraver les activités d’organismes qui font vivre les territoires et s’appuient sur l’engagement de millions de femmes et d’hommes qu’il serait dommage de décourager. La démocratie pour être vivante doit pouvoir rassembler tous les acteurs de la société civile : citoyens et associations, dans leur diversité et leur pluralité, dans la limite du respect de la République, tel que formulé dès 1901 à l’article 3 de la loi. »
Le SPPP s’appuie sur cet avis pour demander purement et simplement l’abrogation du Contrat d’engagement républicain. Nous appelons à préférer d’autres formes de contractualisations entre l’État et le monde associatif, comme la
charte d’engagements réciproques.

Le droit de siéger au sein des instances d’attribution d’aides à la presse

Depuis mai 2025, nous demandons aux différentes DRAC (Directions régionales des affaires culturelles) de pouvoir siéger dans les commissions consultatives du Fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité (FSMISP).
Ce fonds, créé par le décret n° 2016-511 du 26 avril 2016 modifié, « accompagne financièrement le développement de médias ancrés localement, apportant une information de proximité, et favorisant la continuité du lien entre les habitants d’un quartier, d’une ville, d’un département ou d’une région ». Il « soutient ces médias dans leur activité éditoriale et dans le développement d’actions sociales à destination des publics auxquels ils s’adressent ».
En 2023, le fonds a été doté de 1,83 million d’euros et a soutenu 131 médias.
Nous demeurons vigilants sur les résultats des arbitrages, un média -IPNS- s’étant par exemple vu refuser l’aide en raison « d’un manque de perspective de développement et de structuration économique », oubliant à nos yeux la raison d’être de ce fonds : venir en aide à des médias indépendants dont la situation économique est souvent précaire.
Actuellement, les identités et fonctions des membres des commissions d’attribution de ces aides, quand elles ont lieu, sont à la discrétion des pouvoirs décisionnaires.
Nous demandons plus de transparence dans leur nomination, ainsi que leur ouverture à des médias membres de notre syndicat (nous choisirons des membres non concernés par ces subventions).
Pour l’heure, seule la DRAC de la région Sud nous a permis de siéger lors de sa commission d’attribution. C’est une première
victoire. Le SPPP, qui souhaite également dans le futur cibler l’aide aux publications nationales d’information politique et
générale à faibles ressources publicitaires (PFRP), qui a soutenu 49 titres pour un montant de 4 millions d’euros en 2024,
a l’intention de mener des concertations avec ses partenaires du Syndicat national des journalistes (SNJ), du Syndicat national
des journalistes CGT (SNJ-CGT) ou encore de l’Union syndicale des journalistes CFDT (USJ-CFDT).

L’attribution d’une carte de presse collective aux rédactionsindépendantes

Depuis mai 2025, nous demandons aux différentes DRAC (Directions régionales des affaires culturelles) de pouvoir siéger dans les commissions consultatives du Fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité (FSMISP).
Ce fonds, créé par le décret n° 2016-511 du 26 avril 2016 modifié, « accompagne financièrement le développement de médias ancrés localement, apportant une information de proximité, et favorisant la continuité du lien entre les habitants d’un quartier, d’une ville, d’un département ou d’une région ». Il « soutient ces médias dans leur activité éditoriale et dans le développement d’actions sociales à destination des publics auxquels ils s’adressent ».
En 2023, le fonds a été doté de 1,83 million d’euros et a soutenu 131 médias.
Nous demeurons vigilants sur les résultats des arbitrages, un média -IPNS- s’étant par exemple vu refuser l’aide en raison « d’un manque de perspective de développement et de structuration économique », oubliant à nos yeux la raison d’être de ce fonds : venir en aide à des médias indépendants dont la situation économique est souvent précaire.
Actuellement, les identités et fonctions des membres des commissions d’attribution de ces aides, quand elles ont lieu, sont à la discrétion des pouvoirs décisionnaires.
Nous demandons plus de transparence dans leur nomination, ainsi que leur ouverture à des médias membres de notre syndicat (nous choisirons des membres non concernés par ces subventions).
Pour l’heure, seule la DRAC de la région Sud nous a permis de siéger lors de sa commission d’attribution. C’est une première
victoire. Le SPPP, qui souhaite également dans le futur cibler l’aide aux publications nationales d’information politique et
générale à faibles ressources publicitaires (PFRP), qui a soutenu 49 titres pour un montant de 4 millions d’euros en 2024,
a l’intention de mener des concertations avec ses partenaires du Syndicat national des journalistes (SNJ), du Syndicat national
des journalistes CGT (SNJ-CGT) ou encore de l’Union syndicale des journalistes CFDT (USJ-CFDT).

La création d’un statut de travailleur·se intermittent·epour les journalistes précaires

« La carte de presse facilite l’accréditation pour l’accès aux conférences de presse de ministère, visite de site sensible, événement sportif… Elle doit également permettre aux journalistes de circuler librement lors de manifestations publiques quel que soit le dispositif mis en place par les forces de l’ordre. Face à tout interlocuteur, elle atteste de cette qualité de journaliste professionnel. Elle peut être un outil déterminant puisque la loi sur la liberté de la presse protège les sources des journalistes » (source : ccijp.fr).
Le SPPP considère que la carte de presse est un outil nécessaire au travail d’un journaliste. Le terme de « journaliste professionnel » est cependant problématique à nos yeux. Il reflète les conditions d’attribution de la carte, qui n’est
délivrée qu’aux personnes dont 50 % au moins des revenus sont issus de leur travail journalistique. Il s’agit d’une vision uniquement économique de l’activité de journaliste.
Or, nos médias membres sont nombreux à respecter la déontologie journalistique, tout en ayant des rédactions bénévoles. A l’inverse, travailler de façon rémunérée dans un média ne garantit pas de pouvoir réaliser un journalisme de qualité. Les
dérives de certains médias, dont les journalistes répondent aux conditions d’attribution de la carte, en sont l’illustration quotidienne. Le SPPP revendique que l’ensemble des personnes exerçant une activité de journaliste, rémunérée ou
bénévole et quel que soit leur statut, puissent accéder à la carte de presse.
Considérant que le journalisme est un exercice collectif, il propose la création de cartes de presse collectives attribuées aux médias d’information, facilitant la pratique des journalistes quelles que soient leurs conditions d’exercice. Dans l’attente d’une modification des modes d’attribution de la carte de presse, le SPPP imprimera et diffusera ses propres cartes de presse, attribuées collectivement à chaque média.

L’éligibilité de la presse papier au pass culture

Le pass Culture est une application mobile et web, lancée à partir de 2019 pour les jeunes de 18 ans, puis ceux de 17, 16 puis 15 ans de nationalité française ou résidant en France depuis un an. La somme attribuée va de 50 à 200 euros.
Le pass comprend également un dispositif à destination des groupes scolaires. Les offres culturelles éligibles sont diverses : films et vidéos, conférences, rencontres, jeux, musées, livres… Mais la presse papier, en l’état, n’est pas concernée par ce dispositif public : aux journaux qui ont demandé à l’intégrer, il a été répondu que « seule la presse en ligne [était] éligible ».
Pourtant, à l’heure où les algorithmes imposent leur hiérarchisation de l’information, la possibilité de s’informer par d’autres canaux nous semble capitale. Une étude Ipsos de 2022 montre que les 16-34 ans, quoiqu’ils se tiennent au fait de l’actualité via les réseaux sociaux, ne les estiment pas fiables. La presse écrite spécialisée a en revanche leur confiance à 62 %, et les
journaux régionaux à 61 %.
Dans de telles conditions, l’achat d’un journal papier est un acte engageant. S’en tenant fermement à cette réalité de terrain, le SPPP va donc mener campagne pour que la presse papier puisse accéder au dispositif Pass Culture. Il en va de la diversification des sources d’information nécessaire à la construction d’un point de vue critique.

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