Ecologie radicale, à l’abordage !
Date de parution : 12/05/2026
Écologie sociale. C’est fou comme ces deux termes accolés me ramènent irrésistiblement à la fin des années 2000. Une époque durant laquelle on rêvait d’un grand mouvement de gauche qui fasse la synthèse des meilleures traditions du socialisme - canal historique - et de l’écologie politique ; où on lançait des vélorutions sur la ZAD tout en s’empoignant par textes interposés pour savoir si il fallait parler d’écologie sociale, de social-écologie, d’écologie populaire ou d’écosocialisme, si Marx était écologiste ou si le matérialisme historique pouvait être décroissant ; où on pouvait se passionner jusqu’au déchirement sur les vertus comparées du revenu universel et du salaire à vie ; s’enamourer du contrat social du Rojava et croire encore que les révolutions bolivariennes allaient laisser le pétrole sous terre ; un temps où une campagne électorale pouvait se mener sur le revenu maximum autorisé, la fin du nucléaire et le protectionnisme solidaire aux frontières ; où des pages d’argumentaire prouvaient que l’écologie était forcément anticapitaliste ; où ohé partisans ouvriers et paysans rimait magnifiquement ; où on orientait le soutien aux luttes vers l’autogestion après avoir questionné l’utilité sociale de la production et son impact environnemental ; un temps où écologie et social étaient indissociables, où il semblait impossible de ne pas tenir les deux, où même ça faisait un projet politique ; un temps enfin où un président faisant du jet ski dans une réserve protégée tout en augmentant le prix des carburants se retrouvait avec une insurrection sur les genoux.